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Le savoir de la joaillière

Les métaux précieux et leurs titres, les pierres précieuses, les outils de l'établi et les gestes du métier : de courts articles pour comprendre ce qui se passe à l'atelier et mieux choisir un bijou.

01

Les métaux

Or, argent, platine : ce que contient un bijou en métal précieux, comment le reconnaître et l'entretenir.

Les types d'or
Or
750/1000 · 18k
Or massif 100%Anti-ternissementHypoallergénique
Gold filled
585/1000 · 14k
Or laminé 5% sur base laitonAnti-ternissementHypoallergénique
Plaqué or
375/1000 · 9k
Couche d'or 0.5%Peut facilement ternirAllergène
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L'or pur est jaune et très tendre. Pour qu'il résiste à l'usage, on le mélange à d'autres métaux : c'est l'alliage. Sa teneur en or s'exprime en carats ou en millièmes : 24 carats pour l'or pur, 18 carats ou 750 millièmes pour l'or de la joaillerie française, 14 carats (585) et 9 carats (375) pour les titres plus bas.

Dans un or 750, les 25 % restants déterminent la couleur. Avec de l'argent et du cuivre en parts proches, on obtient l'or jaune. En augmentant la part de cuivre, l'or devient rose. L'or blanc associe l'or à du palladium ou à d'autres métaux blancs ; il est souvent recouvert d'une fine couche de rhodium qui lui donne un blanc plus vif.

Ce rhodiage s'use avec le temps, surtout sur une bague portée tous les jours. Il se refait à l'atelier en quelques jours.

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L'argent pur est trop mou pour la bijouterie. On l'allie presque toujours au cuivre : l'argent 925, dit aussi « sterling », contient 925 millièmes d'argent. Les couverts et objets anciens sont souvent en argent 800.

L'argent noircit au contact de l'air, de la peau et de certains produits : il se forme en surface une fine couche de sulfure. Ce n'est pas un défaut du métal. Un chiffon imprégné ou un passage à l'atelier lui rend son éclat. Certains bijoux sont rhodiés pour ralentir ce noircissement.

Porté régulièrement et rangé à l'abri de l'air, un bijou en argent ternit beaucoup moins.

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Le platine est employé en joaillerie au titre de 950 millièmes, presque pur. Il est très dense : une bague en platine pèse nettement plus lourd que la même bague en or. Naturellement blanc, il n'a pas besoin de rhodiage et convient aux peaux sensibles.

C'est un métal tenace, qui retient très bien les pierres. Il ne s'use presque pas, mais se raye en surface et prend avec le temps une patine satinée, que l'on peut repolir.

Le palladium appartient à la même famille. Plus léger et généralement moins cher, il offre lui aussi un blanc durable. On le trouve surtout dans les alliances et dans la composition de l'or blanc.

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En France, un bijou en métal précieux porte deux poinçons. Le poinçon de titre, apposé sous le contrôle de la garantie, indique le métal et sa teneur : la tête d'aigle pour l'or 750, la tête de Minerve pour l'argent 925, la tête de chien pour le platine. Chaque métal et chaque titre a son symbole.

Le poinçon de maître, en forme de losange, identifie l'atelier qui a fabriqué ou importé la pièce. Il contient les initiales du fabricant et un symbole qui lui est propre.

Ces marques sont minuscules : une loupe est souvent nécessaire. On les trouve à l'intérieur d'un anneau, sur le fermoir d'une chaîne ou au dos d'un pendentif.

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Un bijou en or massif est fait d'or allié dans toute son épaisseur. Il peut être poli, mis à la taille ou refondu sans perdre sa matière.

Le plaqué or est un métal courant, souvent du laiton, recouvert d'une couche d'or déposée par électrolyse. Le vermeil est de l'argent 925 recouvert d'or : la base reste un métal précieux, ce qui le rend plus durable que le plaqué.

Plaqué et vermeil permettent des bijoux plus accessibles, mais leur couche d'or finit par s'user. Ils ne sont pas rachetés au prix de l'or.

02

Les pierres précieuses

Diamant, rubis, saphir, émeraude et pierres fines : leurs différences, leurs critères, leur entretien.

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Le diamant, le rubis, le saphir et l'émeraude forment le groupe des pierres précieuses. Toutes les autres gemmes d'origine minérale, comme l'améthyste, la topaze, le grenat, la tourmaline ou l'aigue-marine, sont appelées pierres fines.

Cette distinction ne dit rien de la beauté d'une pierre : une belle tourmaline peut valoir plus qu'un saphir médiocre. Elle tient à l'histoire et à la rareté.

Les perles, le corail et l'ambre sont d'origine organique : on les classe à part.

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Le poids s'exprime en carats : un carat vaut 0,2 gramme. À qualité égale, le prix augmente plus vite que le poids, car les grosses pierres sont plus rares.

La couleur se note par lettres, de D, parfaitement incolore, à Z, légèrement teinté de jaune. La pureté décrit les inclusions visibles à la loupe ×10, de « pur » (FL) à « piqué » (I). La taille, enfin, détermine la manière dont la pierre renvoie la lumière : c'est elle qui fait l'éclat.

Pour une bague de fiançailles, un bon équilibre consiste souvent à privilégier la taille et la couleur, et à accepter une pureté invisible à l'œil nu.

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Le corindon est un oxyde d'aluminium. Quand il contient du chrome, il devient rouge : c'est le rubis. Toutes les autres couleurs portent le nom de saphir, le bleu étant le plus connu. Il existe des saphirs roses, jaunes, verts, violets et même incolores.

Avec une dureté de 9 sur l'échelle de Mohs, juste après le diamant, le corindon résiste très bien aux rayures. C'est une pierre idéale pour une bague portée chaque jour.

La plupart des rubis et saphirs du marché sont chauffés pour intensifier leur couleur. Ce traitement est courant et stable ; il doit être mentionné.

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Le diamant, le rubis et le saphir supportent bien le quotidien. L'émeraude est plus fragile : ses inclusions la rendent sensible aux chocs, aux variations de température et aux ultrasons. L'opale, la perle et la turquoise craignent les produits chimiques, le parfum et la chaleur.

Pour nettoyer la plupart des bijoux, un bain d'eau tiède savonneuse et une brosse souple suffisent. Rincez, puis séchez avec un chiffon doux.

Retirez vos bagues pour jardiner, faire du sport ou manipuler des produits ménagers, et rangez chaque bijou séparément pour éviter qu'ils se rayent entre eux.

03

Les outils du joaillier

L'établi, le feu, la lime et le laminoir : les outils avec lesquels chaque pièce est façonnée à l'atelier.

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L'établi du joaillier est découpé en demi-cercle pour que l'artisan travaille au plus près de la pièce. Au centre est fixée la cheville, une pièce de bois sur laquelle on appuie le bijou pour le scier, le limer ou le sertir.

Sous la cheville, une peau ou un tiroir recueille la limaille : ces fines particules d'or et d'argent sont récupérées puis renvoyées à l'affinage.

Autour de l'établi, chaque outil a sa place. Le joaillier travaille assis bas, les coudes en appui, pour garder la précision du geste pendant des heures.

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Le chalumeau produit une flamme réglable, de la plus douce à la plus concentrée. Le joaillier l'utilise pour souder deux éléments avec une brasure, un alliage qui fond à une température légèrement inférieure à celle du métal à assembler.

Il sert aussi au recuit : chauffer le métal durci par le travail pour lui rendre sa souplesse, avant de le plier ou de le laminer à nouveau.

Pour les petites quantités, la flamme permet enfin de fondre l'or dans un creuset avant de le couler en lingotière.

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La scie de joaillier, appelée bocfil, tient une lame aussi fine qu'un cheveu épais. Elle découpe les plaques de métal en suivant le tracé du dessin.

Les limes, de toutes formes et de toutes tailles, ajustent les contours et effacent les traces de soudure. Les plus fines, les limes aiguilles, atteignent les recoins d'un motif.

Les échoppes sont de petits burins à manche rond. Le sertisseur s'en sert pour creuser le logement d'une pierre et rabattre le métal qui la maintient ; le graveur, pour tracer un motif ou des initiales.

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Le laminoir est formé de deux cylindres d'acier entre lesquels on fait passer le métal. À chaque passage, on resserre légèrement les cylindres : le lingot s'aplatit en plaque, jusqu'à l'épaisseur voulue.

La filière est une plaque d'acier percée de trous de diamètres décroissants. On y tire le métal de trou en trou pour obtenir un fil, rond, carré ou demi-jonc, qui deviendra un anneau, une maille ou une griffe.

Entre deux passages, le métal est recuit au chalumeau pour qu'il ne se fende pas.

04

Les techniques

De la cire au polissage, les gestes qui transforment un dessin en bijou.

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Le bijou est d'abord sculpté dans une cire dure, ou imprimé en résine à partir d'un modèle numérique. Ce modèle est fixé sur une tige, placé dans un cylindre puis noyé dans un plâtre réfractaire.

Le cylindre est chauffé au four : la cire fond et s'évacue, laissant dans le plâtre une empreinte creuse du bijou. On y coule alors le métal en fusion.

Après refroidissement, le plâtre est cassé. La pièce brute est ensuite ébarbée, ajustée, sertie et polie à l'établi.

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Le serti griffes maintient la pierre par de fines tiges de métal rabattues sur ses bords. Il laisse passer beaucoup de lumière et convient aux solitaires.

Le serti clos entoure la pierre d'un bandeau de métal continu : il protège bien les arêtes et donne une ligne plus douce. Le serti grains fixe de petites pierres par des grains de métal relevés à l'échoppe ; le serti rail aligne les pierres entre deux parois parallèles.

Le choix du serti dépend de la pierre, de sa fragilité et de la manière dont le bijou sera porté.

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Le poli miroir est obtenu par des passages successifs de pâtes de plus en plus fines, sur des brosses et des disques de feutre. Il rend le métal brillant et lisse.

Le satiné et le brossé laissent de fines stries régulières qui adoucissent les reflets. Le sablé donne un aspect mat et velouté. Le martelé, réalisé au marteau, crée des facettes qui accrochent la lumière.

Ces finitions se combinent souvent sur une même pièce. Avec le temps, un bijou porté se patine : un repolissage à l'atelier lui rend son état d'origine.

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La taille d'une bague se mesure sur un baguier, un jeu d'anneaux calibrés. Pour réduire une bague, le joaillier retire un segment de l'anneau puis ressoude les deux extrémités. Pour l'agrandir, il ajoute un morceau de métal du même alliage, ou étire l'anneau sur un triboulet, une tige d'acier conique.

La soudure est ensuite limée et polie pour devenir invisible.

Certaines bagues ne se mettent pas à la taille, ou seulement de peu : les anneaux entièrement sertis, les modèles gravés tout autour ou certains métaux. Un essai à l'atelier permet de le vérifier.

Une question sur un bijou, une pierre ou un métal ? Posez-la à l'atelier.

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